Générique(s)
  
 Email : Pass :   
Mot de passe oublié ?
Science-fiction
Envoyer cet article à un ami

Battlestar Galactica

: États-unis
: 4
: 55
: 2004 - 2009

Les Cylons, puissants robots, règnent en maître sur l'univers. Le Galactica est le dernier vaisseau de guerre qui aide les humains à survivre et à trouver une légendaire planète appelée la Terre.

 

Futur antérieur, futur intérieur

par Sylvain Gourgeon

 

La version des années 2000 n'a plus grand-chose à voir avec le Galactica de 1978, sinon par son discours religieux assez difficile à cerner. Autant l'œuvre originale de Glen A. Larson donnait dans le pur divertissement, autant le remake diffusé sur Sci Fi se prend plus au sérieux (peut-être un peu trop pour ses détracteurs) en faisant constamment écho à l'actualité contemporaine. Au point que les allégories à peine voilées du choc des civilisations, du fanatisme ou de la guerre en Irak ont valu à la série une aura polémique et une image de show intello et engagé aux Etats-Unis. Deux de ses comédiens, Edward James Olmos (Deux Flics à Miami) et Mary McDonnell (l'Indienne de Danse avec les Loups) ont même été officiellement conviés dans l'enceinte des Nations Unies pour une table ronde sur les droits de l'homme, c'est dire. En France, le public y aura surtout vu une inflexion assez radicale de la science-fiction télévisuelle, plus "réaliste" et plus adulte. 

Certainement absconse pour qui prendrait la série en cours de route, l'intrigue de BSG, parfois tirée par les cheveux, affectionne faux semblants, complots, trahisons et clones aux personnalités multiples. Sa galerie de personnages, même si elle n'échappe pas toujours aux stéréotypes, se révèle plutôt rafraîchissante. Starbuck n'est plus un bellâtre au casque blond mais un garçon manqué, une tête brûlée sexy en débardeur. L'amiral Adama n'est plus un sage débonnaire et mystique, mais un militaire rigide à force d'intégrité, volontiers porté sur la bouteille. Certains personnages ont pris une autre dimension, tel Gaius Baltar, cerveau brillant et tourmenté, vrai-faux prophète à la dégaine de mannequin et au phrasé précieux. D'autres ont été développés de toutes pièces, comme la sculpturale Numéro 6, caméléon machiavélique et fantasmatique qui porte la robe rouge comme personne. En tout cas, au fil des quatre saisons d'errance sidérale de la poignée de survivants humains en quête d'une Terre et de leurs tourmenteurs cylons, une chose est sûre : il est dur d'être heureux et de se faire confiance dans le huis clos du Galactica…

Série de genre qui assume l'action et le suspense premier degré sans multiplier les scènes de combats spatiaux, BSG repositionne par ailleurs clairement l'imagerie du space opera vers le drame psychologique et la réflexion métaphysique, en y insufflant des dilemmes moraux, politiques et spirituels à longueur de dialogues. Sombre et pessimiste, l'ambiance créée par Ronald D. Moore multiplie aussi les paradoxes, au sein d'un univers entre technologie et archaïsme, realpolitik et ésotérisme, espérance humaniste et paranoïa militaro-millénariste. Humains et Cylons s'y désirent et s'y déchirent, avant de finalement s'accorder sur leur dénominateur commun : survivre en paix. Si BSG ne restera probablement pas un jalon en termes d'écriture, la série aura sans nul doute marqué le domaine de la SF et acquis un statut emblématique en résonance avec son époque.

 

Actualités   1 article(s)

Critiques   1 article(s)

Portraits   2 article(s)

Cultures   1 article(s)

Amours impossibles (2010 mots)

Magazines   2 article(s)