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Tournage : Nous ne sommes pas des Saints
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Annuaire Nous ne Sommes pas des SaintsIl a l’air balèze, mais en fait, Dieu est un type comme les autres, totalement dépassé par le gigantisme de son entreprise, que nous appelons ici-bas « la vie sur Terre. » Du coup, il tente de faire bonne figure, propose plan foireux sur plan foireux, et gère au jour le jour ses « employés », Gabriel, Saint Pierre, Marie-Madeleine, Jésus, Judas, Sainte Geneviève, Michel-Ange, Adam, Eve et quelques autres bras cassés… Voilà le pitch simple et original à la fois de Nous ne sommes pas des Saints, série créée et réalisée par Nicolas Ragni, 29 ans, surtout vu sur les planches parisiennes ces dernières années.
Photo Daniel Bardou pour C+
On pense immédiatement à Kaamelott, d’autant que la série a fait ses débuts en format court, sur le net. « Tout est parti d’un projet que j’avais a réaliser à la fin de mes études, explique Ragni. Le point de départ, c’était une réflexion de Gabriel à Dieu lui faisant remarquer qu’il se tournait les pouces depuis 2000 ans. Quand j’ai vu Caméra Café et Kaamelott, j’ai de suite pensé à faire une shortcom. » Il s’y met donc avec quelques camarades comédiens, et part en quête d’un producteur. Sans succès. « Les gens que nous rencontrions avaient du mal à imaginer ce que cela pourrait donner, certains craignaient même l’utilisation de l’imagerie religieuse à des fins comiques », se souvient Ragni.

Photo Maxime Bruno pour C+
Finalement, il décide en janvier 2008 de lancer un site proposant deux épisodes de 6 minutes environs. Le succès est immédiat, relayé par la presse, de Libération à Télérama. Les premiers producteurs à réagir, 27.11 Production, sont eux aussi de nouveaux venus – ou plutôt de nouvelles venues, puisqu’il s’agit de deux productrices, Agathe Sofer et Juliette Renaud. « Le parallèle avec Kaamelott revient souvent, admet Sofer, parce que la série parle du triste quotidien de personnages célèbres, censés être immenses. Au-delà, Nous ne sommes pas des Saints est moins acide, plus grand publique que Kaamelott. » Pour Comédie !, trois épisodes de 26 minutes ont été tournés, en attendant une saison complète en septembre, si tout se passe bien.

Photos Maxime Bruno pour C+
Passer de 6 minutes à 26 minutes, « c’est un énorme boulot de réécriture, admet Nicolas Ragni, qui incarne aussi Michel-Ange. On gagne en richesse des personnages et en intrigue ce que l’on risque de perdre en pur comique. » Malgré des histoires farfelues du type égarement intempestif des clefs du Paradis, réunions bidons ou rencontre improbable entre Michel-Ange et Freud, Nous ne sommes pas des Saints repose avant tout sur ses acteurs, les décors étant réduits au minimum – le blanc étant la couleur largement dominante… Deux têtes connues sont au générique, celle de Shirley Bousquet, vue dans Caméra Café, pas tout à fait nue en Eve (rassurez-vous mesdemoiselles, Adam, lui, ne porte qu’une vulgaire feuille, stratégiquement placée) et Elodie Frenck, vue elle dans Suspectes (aïe), ici toute en blondeur dans le rôle de Marie-Madeleine. Ces deux-là pourrait pourtant se faire voler la vedette par Sainte Geneviève, incarnée par un homme (Grégoire Bonnet), personnage qui risque d’avoir un certain succès. Réponse aux beaux jours.
Pierre Langlais
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