|
|
Critiques
2x13 - Bilan Saison 2 : Maison close
Condamnée à être la conclusion de Dollhouse avant même son annonce officielle, on attendait de cette seconde saison qu'elle s'épanouisse enfin pleinement dans sa narration et surtout qu'elle offre un épilogue satisfaisant. Car quand une série de Joss Whedon s'interrompt prématurément, on a toujours un peu la rage au ventre.
Notre avis. Depuis le début, on a toujours clamé notre attachement à Dollhouse d'abord parce que c'est Joss Whedon et puis parce que c'est Joss Whedon. Malheureusement, on s'est gardé de crier au chef d'oeuvre et des bémols – certes circonstanciés – étaient de rigueur. Mais il est inutile de refaire l'histoire de la Fox, de la case du vendredi et des budgets serrés.
La bonne nouvelle dans cette triste fin, c'est qu'avec la commande ferme de la chaîne des treize épisodes, Whedon a enfin pu déployer son univers et révéler une mythologie qui transcende une simple variation sur le thème de Frankenstein. On cesse de tourner en rond avec des "actives" qui ne servent qu'à assouvir les fantasmes de riches libidineux ou quelques forfaits mafieux. Avec des personnalités façonnables à volonté, c'est le Moi, la personne entière qui est anéantie.

Au-delà donc de la simple dénonciation de nos sociétés contemporaines qui étouffent dans leurs fantasmes et sombrent dans des dérives malsaines, la série s'élève pour prophétiser la fin du monde. Comme révélé dans Epitaph One – le 13e épisode de la saison 1, jamais diffusé mais ajouté au DVD – le monde court à sa perte dans un décor à la Mad Max où chaque individu a perdu sa propre identité.
Avec des hauts et des bas, quelques fulgurances souvent portées par les autres personnages (Sierra, DeWitt, Victor...), le récit ne prend une nouvelle dimension qu'à mi-saison tout en montant en pression à chaque épisode. Même si on ne les avait pas vues venir, les révélations finales laissent un arrière goût d'inachevé. Mais on retrouve dans cette seconde saison ce qui manquait encore à la première : l'amour immodéré de Whedon pour ses héroïnes extraordinaires, condamnées à la solitude et se sacrifiant au combat, des dialogues percutants qui font référence à la culture pop toujours accompagnés d'un trait d'esprit, une geek attitude comme il n'y en a que chez Whedon et toujours cette même angoisse d'un avenir sombre... Et on aura surtout appris à se méfier de la poupée qui fait non.
Critiques article(s)
|
SELECTION TV
|



