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Showtime : le network aux dents longues

A la poursuite de sa concurrente HBO depuis sa création il y a plus de trente ans, Showtime semble enfin avoir les moyens sériels de ses ambitions.

   

                The L Word, la plus pérenne des séries de Showtime...

Sur le câble américain, il y a HBO, et il y a les autres. La formule est valable pour l’ensemble des programmes, mais elle prend encore plus de sens quand on considère les séries, où le network aux trois lettres écrase tout ce qui bouge depuis le début des années 90. Les critiques dithyrambiques et les abonnements sont là pour le confirmer. En 2007, alors que près de 30 millions de foyers étaient connectés à HBO, à peine la moitié (14.45 millions environ) avaient fait le choix de Showtime. Pourtant, malgré cet écart qui ne semble jamais pouvoir être comblé, les patrons de Showtime y croient. Ils y croient car en matière de télévision câblée, tout est affaire de « buzz ». Peu importe l’audimat, ce qu’il faut c’est attirer les abonnements, et pour cela, il faut faire parler de soit. D’où l’importance des critiques et, encore une fois, de la qualité, de l’originalité. A l’heure où Les Soprano ont tiré leur révérence, où Sex & The City n’est plus, où Deadwood a rangé ses flingues, Showtime se frotte les mains. Ses séries seraient-elles sur le point de faire mieux que celle d’HBO, de surprendre, de déranger, de faire parler plus que celles de l’ennemi de toujours ?

                                Queer as Folk, très chaud, et très gay

C’est en tout cas ce vers quoi tendent les patrons du network, Robert Greenblatt, président de la programmation de Showtime en tête. Pourtant, là où HBO était déjà tenté par les séries il y a vingt ans, Showtime est relativement nouveau sur le marché. Le network a vu le jour en 1976, en Californie, avant d’être accessible à tout le pays dès mars 1978. Propriété de Viacom, puis, depuis 2005, de CBS (ancienne propriété de Viacom elle aussi), Showtime s’est durant ses premières années d’existence concentrée essentiellement sur les téléfilms et sur la boxe, qui sont encore deux de ses formats favoris. Hormis Brothers, une sitcom qui a survécu cinq saisons entre 1984 et 1989, aucune série du network n’a marqué les esprits avant les années 2000. Tout est fait, depuis, pour rattraper ce retard.

 

             Weeds, une histoire de mère courage... et de gros pétards

Showtime, dès son entrée dans la cour des grands des séries, a su provoquer, choisir des sujets délicats, et les traiter avec qualité. Sa série la plus populaire jusqu’à aujourd’hui, le remake américain de Queer as folk, choisissait pour décor la communauté gay. The L Word, actuellement son programme les plus capé, a lui opté pour le milieu lesbien de Los Angeles. Si Queer as folk a tenu cinq saisons et si The L Word en est elle aussi à sa cinquième, les séries de Showtime souffrent d’une durée de vie incroyablement courte, malgré un accueil critique souvent enthousiaste. Ainsi, Dead like me, Huff ou encore Sleeper Cell n’auront connu que deux courtes saisons chacune. Avec des revenus forcément inférieurs à ceux de HBO, Showtime doit surveiller son porte-monnaie. L’abonnement mensuel des deux networks est en effet équivalent, entre dix et douze dollars, mais le nombre d'abonnés moitié inférieur chez Showtime...

 

                           Dexter, légiste le jour, tueur en série la nuit...

Sans pouvoir être accusé de plagiat, Showtime semble avoir trouvé le moyen de séduire un public grandissant : en rebondissant sur les succès passés des autres networks, et en tentant quelques jolis coup de poker savamment calculés. Sa série la plus populaire aujourd’hui, Weeds, ou les aventures d’une mère de famille dealeuse, a su prendre la foulée des Desperate Housewives, de leur quartier sans histoire et de leurs petites vies a priori anodines, pur en faire une comédie dramatique originale et d'autant plus pimentée. Plus fort, Brotherhood, une série mafieuse, est arrivée à point nommé, une saison avant la fin des Soprano. De quoi consoler les amateurs du genre ? Le même calcul se serrait-il appliqué aux Tudors, relecture de l’histoire anglais comme Rome avant elle de l’Empire romain ? La qualité indéniable de ces productions prouve en tout cas que Showtime sait s’y prendre pour rebondir sans plagier. Mieux, deux de ses meilleures séries du moment, Dexter, lancée en 2006, et Californication, dont la première saison atteint des sommets de qualité, sont de véritables nouveautés, au ton unique. Que leurs têtes d’affiche, respectivement Michael C. Hall et David Duchovny soit des piliers de l’univers des séries (Six feet under pour le premier et X-Files pour le second) ne retire rien à leur mérite.

                    Les Tudors, où l'histoire d'Angleterre version brulante...

Dans toutes ces séries, un même sens de la provocation revient sans cesse. Une récente campagne publicitaire de la chaîne scandait haut et fort, « Showtime, the best shit on television », slogan accompagnée d’une litanie de « shit » en tout genre, censée choquer l’Américain moyen. Sous des prétextes alambiqués de réalisme – nous utilisons tous ce genre de mots dans notre langage – et au service d’un joli jeu de mot – « best shit » signifiant « ce qu’il y a de putain de mieux », pour faire simple et direct – cette campagne publicitaire renvoie en fait à l’éternelle notion de buzz. Même pour s’en plaindre, parler de cette campagne, c’est parler de Showtime. Il faudra du temps au network pour rattraper son retard sur HBO, mais au visionnage de Californication, de Dexter, de Weeds ou des Tudors, aux promesses de The United States of Tara et de Secret diary of a call girl, à venir en 2008, on ne saurait dire le contraire : Showtime est définitivement un des meilleurs putains de networks du câble.

 

   Californication, ou le retour de Duchovny, génial en écrivain face à la page blanche...

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Screenariste (http://screenariste.over-blog.com/) , posté le 02/05/2008 00:07:54
Niveau qualité et offre, Showtime a de loin surpassé HBO qui se meurt lentement depuis la fin de ses programmes phares.